L’usine de Caen

Un des (rares) articles originaux qui m’avaient été proposés par une adhérente pour alimenter le site précédent.Merci encore à Françoise (Lionel, le 30 août 2011)

Une usine à boutons à CAEN -*1-

« Le maire (de Venoix – aujourd’hui quartier de CAEN) dont le mandat fut le plus court, fut Emile Joas, industriel à la Maladrerie sur Venoix, avec une durée de six mois .Il était directeur associé à M. de St Wandrille d’une usine à boutons de corne. Celle-ci avait été créée en 1840 par Louis Juhel à l’emplacement actuel du collège St Paul, 3 rue Général Moulin. Elle y remplaçait une usine de colza. Mais en 1850, les héritiers du propriétaire du terrain vendirent le terrain à l’Institution Ste Marie, obligeant les propriétaires de l’usine à la déménager à la Maladrerie sur Venoix près du lieu-dit Le Château. En 1886, elle fut transférée à Brettevile sur Odon, dans les Costils (Costil Baudet) avant la ligne de chemin de fer. Ses directeurs ont habité à la Maladrerie sur Venoix dans ce qu’on appelle Le Château.

La première guerre mondiale mit fin à l’activité de l’usine dont la cheminée resta dressée dans la plaine jusqu’aux combats de la Libération de juin 1944.

La vocation industrielle de la Maladrerie (rappelons que La Maladrerie est un lieu-dit qui s’étend sur Venoix, Caen, Bretteville sur Odon et St Germain la Blanche Herbe) tant sur Venoix que sur Caen commença très tôt. En juin 1838, Guillaume Declée établissait une fabrique de sucre. Cette usine changea plusieurs fois d’affectations et de propriétaires. Il est possible que l’usine à boutons s’y soit insatallée de 1850 à 1886 (il existe une carte postale de cette usine-*2-) date à laquelle l’usine à boutons fut tranférée à Bretteville (voir plus haut) pour se lancer dans la fabrication de boutons de corne (il semblerait qu’avant 1850, la fabrication de boutons était de nacre) »- source : livre de M.Collin sur Venoix-

« Il n’y avait pas de zone industrielle à La Maladrerie, mais on y trouvait une fabrique de corsets rue Général Moulin, un peu plus loin une biscuiterie et plus loin encore dans la plaine , mais sur le territoire de Bretteville sur Odon, une fabrique de boutons, dont la maison-mère était à Paris » –source : causerie sur la Maladrerie faite par J.Jullien en 1977 et publiée dans « Le Mois à Caen ».

Pour finir cette étude : extrait d’un compte-rendu sommaire des travaux de la Chambre de commerce de 1909 :

« Il a été créé en 1840 au hameau de La Maladrerie (Caen) une manufacture de boutons de corne, transportée depuis quelques années (1886) dans la commune de Bretteville sur Odon (1 lieue de Caen-*3-). Cet établissement occupe toute l’année, tant à l’usine qu’au dehors, environ 30 hommes et 20 femmes et produit mensuellement 1 million et demi de boutons. La fabrication de ces boutons nécessite un apport important de matières premières provenant en partie de l’Amérique du Sud (onglons de bétail) dont une partie se trouve utilisée pour les boutons et laisse une grand quantité de déchets auxquels il faut, pour les utiliser comme engrais , faire subir diverses préparations et main d’œuvre les rendant solubles et cet engrais s’expédie partout. Comme conséquence, la fabrication des boutons entraîne celle de l’engrais de corne. »

 
 

Un bouton de corne de l’usine de CAEN

*1- renseignements fournis par F.Robinard – archives départementales

*2- malgré nos recherches nous n’avons pas trouvé cette carte-postale

*3- cet endroit se situerait juste au-dessus de l’emplacement de « Festyland »

Le lieu-dit cadastral se nomme « l’usine à boutons »

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